Paris

Comme tous les très jeunes parents, je me suis couchée très tôt vendredi soir, complètement crevée par mon petit bonhomme qui peine à faire ses nuits. Mon mari m’a annoncé une fusillade à Paris, il venait de recevoir une notification sur son smartphone. Je lui ai demandé si c’était un attentat, il ne savait pas, je me suis couchée et j’ai dormi… mais mon réveil samedi matin avait un parfum de gueule de bois. Je n’avais pas imaginé tout ça, j’étais fatiguée et soudain j’ai eu peur. Très peur. Parce que contrairement aux attaques de janvier qui ciblaient des personnes en particulier car elles étaient journalistes, caricaturistes ou juives, cette fois, ils ont tiré dans la masse et j’aurais pu faire partie de ces gens. On m’avait dit que quand on devient maman, on attrape une sorte d’inquiétude qui ne nous lâche plus. J’ai eu peur samedi matin, j’ai pleuré et j’ai serré mon petit bonhomme contre moi. J’ai rapidement allumé mon téléphone pour voir les messages de mes proches me disant que tout allait bien.

Je ne vis plus à Paris depuis 2 ans mais tous ces lieux me sont familiers. Et puis je vis à Bruxelles désormais, dans une capitale qui n’a pas été épargnée et qui ne le sera pas à l’avenir. Dans le pays qui en proportion, a vu le plus grand nombre de nationaux partis faire le Djihad. Parce qu’aussi j’évolue tous les jours dans des lieux de pouvoir, dans le quartier européen. Et j’ai eu peur, une peur qui m’a paralysée quelques dizaines de minutes. Peur pour mes proches et peur pour mon petit garçon.

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J’ai la chance de ne pas avoir de proches touchés malgré les nombreux membres de ma famille et amis qui vivent à Paris. Comme beaucoup, l’ami d’un ami a été touché au Petit Cambodge, grièvement blessé. Je pense à tous ceux, peut être parmi vous, qui ont perdu des proches ou dont les proches ont été blessés, qui ont eu peur et qui ne savent pas comment ils vont pouvoir encore fréquenter des lieux publics en toute quiétude.

Mais la vie continue malheureusement et il va falloir apprendre à vivre avec ce risque et cette menace permanente. C’est une guerre, on nous l’a dit ; ça va arriver encore, on le sait. En attendant, il faut continuer à rire, vivre et aimer. « La peur n’évite pas le danger » dit-on souvent dans ma famille et je me répète depuis quelques jours cet adage qui  prend tout son sens pour moi ces derniers jours.

Je ne peux pas ne pas me rappeler que vendredi, c’était la journée de la gentillesse. C’est ironique, c’est affreux. Mais il faut que ces événements nous ramènent à ce qui compte vraiment, à la solidarité, la tolérance, la fraternité et la gentillesse ou en tout cas la bienveillance. Les nombreux gestes de solidarité dans le monde entier nous rappellent que c’est encore possible.

On ne se sent jamais plus Français que quand on est expatrié. La Marseillaise et les couleurs du drapeau français sur le monde mais surtout sur Bruxelles m’ont touchée. Les messages de mes amis étrangers, solidaires des Français également m’ont vraiment émue, comme en janvier.

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Restons soudés, restons ceux que nous sommes, profitons de la vie!

Pour marque-pages : Permaliens.

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