Hervé Bazin un écrivain un peu trop oublié

Vipère au poing, tout le monde connaît! on se souvient surtout de 2 petits garçons martyrisés par leur mère! mais on connaît trop peu l’auteur, Hervé Bazin.

Hervé Bazin est né Jean-Pierre Hervé-Bazin le 17 avril 1911 et décédé le 17 février 1996 à Angers. Il est le neveu de l’écrivain René Bazin.

Le jeune Hervé Bazin est un rebelle qui supporte une mère autoritaire (qui lui inspirera Folcoche) et une éducation catholique stricte. Après plusieurs fugues durant son adolescence, il coupe les ponts avec sa famille à 20 ans.

Il s’intéresse à la poésie et gagne quelques prix mais s’oriente davantage vers la prose sur le conseil de Paul Valéry. En 1948, il publie Vipère au poing, roman dans laquelle il raconte l’enfance de deux jeunes garçons sous la coupe d’une mère autoritaire et cruelle, baptisée Folcoche (pour folle et cochonne!). Ce roman connaît un grand succès et l’on peut suivre les mêmes personnages dans La mort du petit cheval (1950) et Cri de la chouette (1971).

Après ce succès, il devient critique littéraire  à « l’Information » (de 1950 à 1954) et plus tard au « Journal du dimanche » (à partir de 1981).

Hervé Bazin est un drôle de personnage, marié 4 fois, père de 7 enfants, il restera toujours très attaché à sa région d’origine malgré une enfance difficile. 

On le considère comme LE romancier de la famille. En effet, ses romans abordent très souvent ce thème, tout en prenant en compte la psychologie des personnages et le contexte social. Cependant, bien qu’inscrits dans leur époque, ses romans sont d’une actualité étonnante: les problématiques des relations humaines restent tout à fait actuelles. Hervé Bazin fait preuve d’une extrême délicatesse et finesse dans l’analyse de ses personnages, notamment dans Qui j’ose aimer, roman dont le narrateur est une jeune femme. 

Hervé Bazin a définitivement créé un personnage connu dans le monde entier, une « Folcoche », portrait universel d’une mère maltraitante. Il déclarera un jour: « Les enfants privés d’amour se détestent, ne s’aiment pas. Parce que quand on n’est pas aimé, on croit qu’on n’est pas aimable. »

D’ailleurs, lors de l’attribution du Goncourt, que n’obtiendra pas Vipère au poing, Colette se serait exclamée: « La fille de Sido ne peut pas donner sa voix au fils de Folcoche. »

A lire sur ce blog:

A lire, la nécrologie d’Hervé Bazin dans « L’Humanité ».

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